La Pastourelle - Défi et Terroir
J’aborde cette nouvelle saison avec une perspective
renouvelée. Après plus de 20 ans à parcourir les sentiers de France et
d'ailleurs, explorant sans cesse de nouveaux formats, je tourne désormais mon
regard vers les trails dits « populaires ». Mon critère de choix ? L'unanimité
des coureurs sur la qualité de l'organisation, la splendeur des paysages et,
par-dessus tout, la ferveur festive. Ici, la performance s’efface devant le
plaisir.
Après un rapide tour d’horizon, le Trail de la
Pastourelle à Salers coche toutes les cases. Bien plus qu’une simple
course, c’est une véritable institution où l’effort se mêle à la fête. Imaginez
: 450 bénévoles sur le pont pour faire vibrer un village de 300 âmes,
accueillant entre 5 000 et 6 000 passionnés, des coureurs aux vététistes en
passant par les marcheurs. Ici, l’esprit "terroir" règne en maître.
Dans les rues, c'est l'effervescence : commerçants rayonnants, terrasses
bondées et bandas endiablées... la liesse est totale
Côté course, je me suis inscrit sur le challenge 4000D+.
Jour 1 – Le Grand Cirque [60km – 2900 D+]
Sur la ligne de départ, j’ai la très agréable surprise de
retrouver Jérémy, un excellent ami avec qui j’avais notamment couru le MIUT.
Malgré l’heure matinale (7h), l’ambiance est déjà folle : banda, speaker
déchaîné et la fameuse Ola, pour motiver les troupes, quelques secondes avant
le départ…
J'ai pourtant du mal à me mettre en route, malgré un début
de course plutôt roulant. Aux environs du km 10 nous entrons - silencieusement - dans la magnifique forêt du Falgoux. Elle ressemble à ces bois
enchantés tout droit sortis d’un conte de fées : très verte, dotée d’une
végétation luxuriante et de petits chemins creux allégrement transpercés par
les rayons du soleil. Les crêtes que nous longeons ensuite offrent des
panoramas à couper le souffle, à la fois sauvages et grandioses.
Il y a foule au ravitaillement du Pas de Peyrol, et les
encouragements redoublent avant d’attaquer l’ascension du Puy Mary. Après
quelques passages ludiques sur la neige, nous redescendons tranquillement vers
la bastide (Km 42).
Malgré une alimentation et une hydratation rigoureuses, je
n’échappe pas au coup de mou durant l’ascension du Puy Violent. Je me rassure
en voyant que je ne suis pas le seul : ici, tout le monde semble à l’arrêt. Peu
après la distance marathon, les corps sont déjà bien entamés et il faut se
refaire la cerise car la fin de course est coriace.
Enfin, le dernier coup de cul pour rallier Salers, poussé
par la foule et son effervescence contagieuse. Ainsi s'achève cette première
journée, de belles images plein les yeux.
Jour 2 – Trail équipe [30km – 1200 D+]
Le départ est plus tardif (10h), ce qui n’est pas pour me
déplaire. Nous débutons par une petite boucle autour de Salers, l'occasion de
profiter de jolis points de vue sur le village. Les premiers kilomètres sont
relativement simples et, malgré les efforts consentis la veille, le corps
répond parfaitement.
Nous plongeons ensuite dans la vallée de la Maronne pour
rejoindre le village du Theil, galvanisés par l’allure des premiers relayeurs
qui s'élancent pour 13 km. Pour le trail par équipe, le passage de témoin
s’effectue dans le superbe village de Saint-Martin-Valmeroux. Il y a foule
devant la mairie pour les transmissions mais, de notre côté, l’effort se
poursuit. Encore et toujours, jusqu’au bout, sans rien lâcher… on y croit.
Cette seconde partie est nettement plus exigeante, avec
environ 18 km pour 800 m de D+. On attaque par une montée abrupte pour
rejoindre la ligne de crête et les estives. Le panorama est splendide : on
aperçoit même le massif du Sancy au loin.
Après la descente technique vers Fontanges, la délivrance
est proche. Malgré la redoutable et célèbre montée finale vers Salers, je
prends conscience que le challenge D+ 4000 est en passe d'être validé. Quelques
minutes plus tard, ravi, les cuisses et les mollets légèrement endoloris, je franchis la
ligne d'arrivée de ma Pastourelle.
En résumé
- Le parcours : D’une qualité indéniable, avec de nombreux panoramas, beaucoup de relances et de très belles ascensions.
- Les ravitaillements : On y trouve bien sûr les produits locaux (fromage Salers, saucisson), ce qui renforce l'aspect "plaisir". Les points d’eaux sont nombreux et une flasque de 500 ml suffit pour s’attaquer à la grande distance.
- Le balisage : Excellent, rien à redire.
On court la Pastourelle pour le défi, on s'en souvient pour l'ambiance.













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